News

Retrouvez ici nos nos dernières analyses, communiqués et opinions

Israel Apartheid Week 2012

Catégories : News

Comment participer à la Semaine de l’Apartheid Israélien (SAI)

La SAI a continué de progresser ces dernières années, et nous, les organisateurs, avons l’intention de faire de 2012 une année encore plus riche, où auront lieu des événements de SAI dans davantage de villes à travers le monde, et qui facilitera la communication et la coordination au sein d’un réseau grandissant d’activistes renforçant la campagne internationale du BDS, créant ainsi des liens avec d’autre mouvements pour mettre fin à l’Apartheid Israélien.

La Semaine de l’Apartheid Israélien agit actuellement à l’international sous la forme d’un réseau d’organisations du Canada, des États-Unis, du Royaume-Un, d’Europe, de Palestine et d’Afrique du Sud, et ne cesse de croître.  Ces organisations se sont engagées sur un ensemble de principes politiques et de principes d’unité pour leur implication dans la Semaine de l’Apartheid Israélien.  Ce réseau international est important pour créer et coordonner des mouvements, pour offrir un soutien mutuel et pour le partage de savoir-faire, d’informations et de ressources.

Pour les nouvelles organisations souhaitant rejoindre le réseau de la Semaine de l’Apartheid Israélien, nous vous demandons d’abord d’accepter la Base de l’Unité incluse dans ce document.

Une de nos plus importantes ressources de partage est notre site web : www.apartheidweek.org, où chaque région possède sa propre page pour pouvoir y afficher les prochains événements et les informations associées. Vous pouvez aussi trouver des ressources et horaires des deux dernières années de la SAI sur le site web.  Pour que votre ville soit répertoriée sur le site, et pour pouvoir accéder à votre propre page d’événements SAI, envoyez un e-mail au représentant régional le plus proche, après avoir partagé la Base de l’Unité avec votre organisation.

 

La Base de l’Unité pour la coordination internationale de la SAI

La Semaine de l’Apartheid Israélien fut initiée par les activistes étudiants de l’Université de Toronto en 2005 et s’est depuis propagée à des villes à travers le monde, y compris en Palestine et en Afrique du Sud. Nous sommes un réseau mondial d’organisations d’étudiants, de jeunes et d’associations communautaires qui travaillent à instaurer la SAI en tant qu’action mondiale de solidarité avec le peuple palestinien.

Le but de la SAI est d’éduquer les gens sur la nature d’Israël en tant que système d’apartheid et de créer des campagnes dans le cadre d’un mouvement mondial BDS en expansion.

Nous insistons sur l’appréhension d’Israël comme étant un état d’apartheid. Les citoyens palestiniens d’Israël sont interdits de contrôler et de développer plus de 90% de la terre. Ils sont discriminés dans plusieurs aspects de la vie, en particulier l’éducation, la santé, les services publics et l’emploi, tout simplement parce qu’ils sont Palestiniens.

Les Palestiniens expulsés en 1948 et 1967 se voient refuser le droit de retour à leurs maisons et terres, alors que quiconque d’origine juive – venant de n’importe où dans le monde – a automatiquement le droit de devenir citoyen israélien et de vivre en Palestine. Dans la Cisjordanie occupée et la bande de Gaza, les Palestiniens vivent sous une loi militaire différente et discriminatoire dans des bantoustans isolés entourés par le Mur.

Nous travaillons pour mettre fin à toute complicité internationale avec cet état d’apartheid. Les gouvernements fournissent un vaste soutien politique et économique au régime d’apartheid israélien. Les entreprises bénéficient d’investissements et d’opérations conjointes avec des entreprises israéliennes. Des institutions, organisations et unions fournissent un appui économique et moral par le maintien d’investissements et de relations avec Israël. Artistes, intellectuels et équipes sportives légitiment l’apartheid israélien en entretenant le ”business as usual”. C’est ce type de soutien et de coopération qui permet à l’apartheid de continuer à exister ; c’est pour cela que mettre fin à la complicité internationale est si important.

Nous appréhendons l’apartheid israélien comme un élément d’un système mondial de domination économique et militaire. À cette fin, nous sommes solidaires avec tous les groupes opprimés du monde entier, en particulier avec les communautés autochtones souffrant du colonialisme, de l’exploitation et du déplacement forcé.

Nous sommes contre l’idéologie raciste du Sionisme, qui est l’impulsion du colonialisme israélien, parce qu’elle établit en soi une discrimination contre tous ceux qui ne sont pas juifs. Nous sommes contre toutes formes de discrimination, et nous croyons qu’il ne peut jamais y avoir de justice sans la restitution complète des droits de tous, quelque soit leur religion, leur ethnicité ou leur nationalité.

Nos demandes sont basées sur l’Appel de la Société civile palestinienne au Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël, émis le 9 juillet 2005 par plus de 170 organisations palestiniennes, qui stipule que :

Le BDS devraient être imposés et maintenus jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable à l’auto-détermination du peuple palestinien et par le respect entier des préceptes du droit international par :

  1. la fin de l’occupation et de la colonisation de toutes les terres arabes, le démantèlement du Mur et la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens et arabes,
  2. la reconnaissance des droits fondamentaux des citoyens arabes palestiniens d’Israël à une égalité complète,
  3. le respect, la protection et la promotion des droits des réfugiés Palestiniens à retourner dans leurs foyers et propriétés, comme stipulé dans la résolution 194 de l’Assemblé Générale des Nations Unies.

Pour participer à la Semaine de l’Apartheid Israélien, les organisations doivent s’engager à:

  • Respecter la Base de l’Unité ci-dessus
  • La coordination avec le réseau international
  • Mener des actions de sensibilisation au BDS et de campagnes locales, dans le cadre des activités de la Semaine de l’Apartheid Israélien.

Historique de la Semaine de l’Apartheid Israélien

La SAI a commencé à Toronto au Canada en février 2005. Cette semaine était d’abord organisée par le Collectif d’Etudiants Arabes, un groupe d’étudiants à l’Université de Toronto, en coordination avec des partenaires dans la ville. Ce fut un grand succès, avec des événements qui affichaient complet et qui ont attiré l’attention des médias à travers le monde.

SAI a été l’aboutissement de plusieurs années d’expérience et d’apprentissage par des activistes au Canada. Au cours des cinq dernières années, beaucoup d’activisme de solidarité avec la Palestine visait la violence et la brutalité quotidiennes de l’occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, une situation urgente qui méritait beaucoup d’attention de la part des activistes alors que les Palestiniens faisaient face à des offensives militaires israéliennes répétées dans les territoires occupées. A partir de ce travail, la SAI s’est attaqué à d’autres dimensions critiques du combat palestinien, y compris la discrimination contre les citoyens palestiniens d’Israël et la dépossession des réfugiés palestiniens, toutes deux des conséquences de la structure et de l’histoire intrinsèquement racistes du sionisme.

La SAI s’est inspirée de l’Appel Palestinien Citoyen au Boycott, Désinvestissement et Sanctions, émis en 2005 par plus de 170 organisations politiques et de la société civile. Les demandes de cet appel comprennent l’égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël, la fin de l’occupation et de la colonisation des territoires arabes, le démantèlement du Mur et la protection du droit des réfugiés palestiniens au retour chez eux et dans leurs propriétés, comme stipulé dans la résolution 194 des Nations Unies.

La SAI a commencé sous forme de campagne de sensibilisation aux politiques, pratiques et institutions qui affectaient tous les Palestiniens : d’Israël, des territoires occupés et de la diaspora. Les années précédant la première SAI ont vu une forte augmentation de la littérature et de l’analyse qui documentaient et contestaient l’apartheid israélien, dont des rapports émis par les principaux organismes internationaux et les organisations de droits de l’Homme et des conclusions publiées par des politiques, penseurs, académiciens et activistes. Tirant parti de ce cadre solide qui synthétisait les pratiques israéliennes de domination, d’apparence hétérogène, SAI a cherché à promouvoir une analyse rigoureuse de l’apartheid israélien et à clarifier les enjeux moraux, à savoir que les activistes internationaux doivent être solidaires de tous les Palestiniens plutôt que d’un groupe en particulier et que la forme principale de cette solidarité est de travailler dans le cadre de la campagne mondiale BDS contre Israël, jusqu’à ce qu’elle respecte le droit international (comme demandé par la société civile palestinienne lors de l’appel au BDS du 9 juillet 2005).

Au cours des années suivantes, la SAI est devenue un lieu de solidarité, de créativité et d’innovation, traitant d’une panopelie stupéfiante de problématiques à travers un grand nombre d’événements différents : projections de films, séminaires, conférences, événements culturels, manifestations et autres. Des personnalités notables y ont participé, y compris Azmi Bishara, Ward Churchill, Avi Shlaim, Tanya Reinhardt, Joseph Massad et Karma Nabulsi.

Un aspect important de la SAI est que les militants de chaque ville décident de ce à quoi SAI doit s’apparenter dans leur ville, comment elle peut développer et faire progresser au mieux leurs campagnes, comment utiliser la SAI comme un espace pour se connecter avec des activistes d’autres combats locaux et internationaux et comment l’utiliser pour développer des réseaux plus solides avec d’autres lieux. C’est pourquoi la SAI a pris une forme différente dans chaque endroit où elle a été organisée.

SAI 2006-2009

La SAI s’est étendue à d’autres villes canadiennes en 2006, y compris Montréal et Kitchener-Waterloo, et a également commencé à se développer à l’international. Un des principaux faits marquants de l’année 2006 a été l’arrivée de la SAI à l’une des universités les plus anciennes et connues dans le monde, l’Université d’Oxford au Royaume-Uni, où les organisateurs de la Société Arabe d’Oxford ont adapté la SAI à un public universitaire. 2006 a également été le trentième anniversaire de la Convention pour la suppression et la répression du crime d’apartheid, un fait mis en évidence pour tenter de faire ressortir une compréhension plus claire de l’apartheid comme étant un crime avec une définition juridique et une portée universelle.

Le nombre d’événements de la SAI a presque doublé en 2007. Les Universités de Londres (SOAS) et de Cambridge ont rejoint Oxford au Royaume-Uni, Ottawa et Hamilton ont rejoint Toronto et à Montréal au Canada et New York a rejoint toutes les autres en tant que première SAI aux États-Unis. La SAI s’étant établie dans l’année civile, le public dans ces villes l’anticipait une semaine avant son déroulement. A New York, au lieu d’une attention centrée sur les campus, de nombreux événements de la SAI étaient éparpillés dans les amphithéâtres et les églises de toute la ville. D’autres villes ont réuni des intellectuels et personnalités de la sphère culturelle des plus éminents, qui ont pensé et travaillé pour tendre vers la fin de l’apartheid israélien.

En 2008, la quatrième Semaine annuelle de l’Apartheid Israélien s’est déroulée sous le titre « 60 ans de nettoyage ethnique et de dépossession, les réfugiés palestiniens retourneront ». La SAI a fait partie des événements mondiaux de la campagne Nakba-60 de 2008, peut-être la plus grande mobilisation mondiale de l’histoire pour les droits des Palestiniens.

La SAI 2008 a été un immense succès, se déroulant dans plus de 25 villes à travers le monde sur une période de deux semaines, y compris des villes de Palestine et d’Afrique du Sud pour la première fois. Dr. Azmi Bishara, une grande figure politique palestinienne en exil et membre de la Knesset israélienne, a lancé la Semaine au niveau mondial avec une conférence à Soweto, le site du tristement célèbre soulèvement de 1976 contre le régime d’apartheid sud-africain. Elle a été enregistrée et diffusée en direct sur la chaîne Al Jazeera et projetée lors des événements d’ouverture de la SAI dans la plupart des autres villes où s’est tenu l’événement. Des milliers d’étudiants ont assisté à des événements à travers le monde qui étudiaient l’analyse d’Israël en tant qu’Etat d’apartheid et la nécessité d’entreprendre des actions concrètes de solidarité avec le peuple palestinien.

La SAI a continué à grandir et à se développer en 2009, et a été évoquée à maintes reprises par les médias internationaux, et même par des organisations sionistes de premier plan telles qu’AIPAC, comme étant un indicateur de la croissance du mouvement pour l’isolement de l’apartheid israélien jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international.

En plus de promouvoir l’analyse d’Israël en tant que régime qui commet le crime d’apartheid, la SAI a été un important lieu de recueil de soutien pour la campagne internationale BDS et de construction de solidarité inter-mouvements avec d’autres individus et groupes impliqués dans des combats similaires.

L’analyse d’apartheid d’Israël a contribué à mettre en évidence le contexte colonial du sionisme et sa ressemblance frappante avec des mouvements tels que les Pieds Noirs de l’Algérie coloniale, les colons blancs de Rhodésie et, surtout, les Afrikaners de l’Afrique du Sud sous le régime d’apartheid. Nous avons utilisé ce cadre pour faire des liens historiques et concrets avec d’autres combats contre le racisme, la discrimination et le colonialisme, en particulier les mouvements de droits des indigènes en Amérique du Nord.

Organiser la SAI n’a pas été sans défis. Depuis sa création en 2005, SAI a été la cible de diabolisation par des organisations pro-israéliennes et des médias conservateurs déterminés à salir nos activités et à harceler les étudiants activistes. Dans de nombreux cas, ces organisations ont été soutenues par les administrations des campus qui tentaient d’interdire les événements de la SAI sur les campus. Néanmoins, ces mesures répressives n’ont fait que renforcer la SAI et sont une confirmation supplémentaire de notre succès et de notre capacité à sensibiliser les étudiants aux pratiques d’Israël. Les organisateurs de la SAI ont su insisté sur leur opposition au racisme de toutes sortes et ont défendu leur droit à la parole, à organiser et à utiliser l’espace public.

Laisser un commentaire