News

Retrouvez ici nos nos dernières analyses, communiqués et opinions

Le discours de Barak Obama

Catégories : News

Voici un extrait du discours du président des états Unis d’Amérique, Barack Obama, tenu hier sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Dans la partie réservée aux avancées sur le dossier palestinien, rien sur l’arrêt de la colonisation israélienne, ni sur Jérusalem devant être la capitale du futur état palestinien, pas non plus un arrêt du blocus sur la bande de Gaza, juste un timide rappel sur la reconnaissance d’un état palestinien sur les frontières de 1967 mais « dans le cadre d’échanges mutuellement agréés »… Presque deux ans après le courageux discours du Caire, la pression des américains vis-à-vis d’Israël baisse d’un cran.

Citation:

« Permettez-moi, pour conclure, d’aborder une autre pièce maîtresse de notre approche à l’égard de cette région, à savoir la recherche de la paix.

Depuis des décennies, le conflit entre les Israéliens et les Arabes jette une ombre sur la région. Il fait vivre les Israéliens dans la crainte que leurs enfants ne soient pulvérisés par un explosif placé dans un car ou par une roquette tirée sur leur logement, et dans la douleur de savoir qu’on apprend à d’autres enfants de la région à les haïr. Il fait subir aux Palestiniens l’humiliation de l’occupation et de ne jamais vivre dans un État à eux. De plus, ce conflit inflige des coûts plus étendus à travers le Moyen-Orient puisqu’il entrave les partenariats qui pourraient apporter une sécurité, une prospérité et des possibilités accrues à tout un chacun.

Depuis plus de deux ans, mon gouvernement s’efforce avec les parties intéressées et la communauté internationale à mettre fin à ce conflit, en s’appuyant sur les dizaines d’années de labeur des gouvernements précédents. En dépit de cela, les attentes restent déçues. Les activités israéliennes d’implantation se poursuivent. Les Palestiniens se sont retirés des pourparlers. Le monde contemple ce conflit qui ne fait que traîner, encore et toujours, et il n’y voit que l’impasse. À tel point que d’aucuns estiment que, vu tous les changements et toute l’incertitude dans la région, il est tout simplement impossible d’avancer.

Je n’en crois rien. À un moment où les peuples du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord se libèrent des fardeaux du passé, l’élan vers une paix durable qui mettra fin au conflit et réglera toutes les revendications est plus urgent que jamais. Cela est assurément vrai pour les deux parties impliquées.

Pour les Palestiniens, les efforts visant à délégitimer Israël échoueront. Les actions symboliques destinées à isoler Israël aux Nations unies en septembre ne vont pas leur créer un État indépendant. Les chefs palestiniens ne parviendront pas à la paix et à la prospérité si le Hamas insiste pour suivre le chemin de la terreur et le rejet. Et les Palestiniens n’obtiendront jamais leur indépendance en refusant à Israël le droit à l’existence.

Quant à Israël, notre amitié est profondément enracinée dans une histoire et dans des valeurs partagées. Notre engagement envers la sécurité d’Israël est inébranlable. Nous nous opposerons à toutes les tentatives en vue d’en faire la cible de critiques au sein des instances internationales. Toutefois, en raison même de notre amitié, il importe que nous lui disions la vérité : le statu quo est insoutenable et Israël doit agir avec audace afin de favoriser une paix durable.

Le fait est qu’un nombre croissant de Palestiniens vivent à l’ouest du Jourdain. La technologie compliquera la tâche qu’a Israël de se défendre. La transformation profonde qui s’opère dans la région entraînera un populisme où ce seront des millions de personnes, et non plus seulement un ou deux dirigeants, qui devront se persuader que la paix est possible. La communauté internationale est lasse d’un processus interminable qui ne donne jamais rien. Le rêve d’un État juif, démocratique, est irréalisable dans le contexte d’une occupation permanente.

En fin de compte, c’est aux Israéliens et aux Palestiniens qu’il incombe d’agir. Aucune paix ne peut leur être imposée, ni par les États-Unis, ni par personne d’autre. Mais ce n’est pas en retardant l’échéance à l’infini qu’on fera disparaître le problème. Ce que l’Amérique et la communauté internationale peuvent faire, c’est de déclarer franchement ce que tout le monde sait : toute paix durable met en jeu deux États, pour deux peuples, Israël en tant qu’État juif et patrie du peuple juif, et l’État de Palestine en tant que patrie du peuple palestinien, chaque État jouissant de l’autodétermination, de la reconnaissance mutuelle et de la paix.

Dès lors, tandis que les questions fondamentales devront faire l’objet de négociations, la base de ces dernières est claire : une Palestine viable, un Israël sûr. Les États-Unis sont d’avis que les négociations doivent aboutir à deux États, avec des frontières palestiniennes permanentes avec Israël, la Jordanie et l’Égypte, et avec des frontières israéliennes permanentes avec la Palestine. Nous pensons que les frontières d’Israël et de la Palestine doivent se baser sur les lignes de démarcation de 1967 dans le cadre d’échanges mutuellement agréés, de façon à ce que des frontières sûres et reconnues soient établies pour les deux États. Le peuple palestinien doit avec le droit de se gouverner et d’atteindre son plein potentiel à l’intérieur d’un État souverain et contigu.

Quant à la sécurité, tout État a droit à l’autodéfense et Israël doit pouvoir se défendre, tout seul, contre toute menace. Les dispositions doivent également être assez rigoureuses pour prévenir toute réapparition du terrorisme, pour empêcher l’infiltration d’armes et assurer une sécurité efficace aux frontières. Le retrait complet, par étapes, des forces militaires israéliennes doit être coordonné avec la prise de responsabilité par la Palestine de la sécurité dans un État souverain, non militarisé. La durée de cette période de transition doit être convenue, et l’efficacité des arrangements sécuritaires doit être démontrée.

Ces principes constituent une base de départ à des négociations. Les Palestiniens doivent connaître les contours territoriaux de leur État ; les Israéliens doivent savoir que leurs préoccupations fondamentales de sécurité seront satisfaites. Je suis conscient que ces mesures, à elles seules, ne vont pas résoudre le conflit, car il restera deux problèmes déchirants et névralgiques : l’avenir de Jérusalem, et le sort des réfugiés palestiniens. Mais en avançant dès maintenant sur les fronts des territoires et de la sécurité, on disposera d’une fondation pour résoudre ces deux problèmes d’une manière qui sera juste et équitable, et qui respectera les droits et les aspirations tant des Israéliens que des Palestiniens.

Maintenant, permettez-moi de dire ceci : le fait de reconnaître qu’on doit commencer les négociations par les questions de territoire et de sécurité ne signifie pas qu’il sera facile de revenir à la table. En particulier, l’annonce récente d’un accord entre le Fatah et le Hamas soulève des questions profondes et légitimes pour Israël : comment peut-on négocier avec un parti qui refuse de vous reconnaître le droit d’exister ? Dans les semaines et les mois à venir, les dirigeants palestiniens devront fournir une réponse crédible à cette question. Entre-temps, les États-Unis, leurs partenaires au sein du Quatuor et les États arabes devront continuer de prodiguer tous les efforts possibles pour surmonter l’impasse actuelle.

Je mesure la difficulté de cette entreprise. La suspicion et l’hostilité se sont transmises pendant des générations et elles se sont parfois durcies. Mais je suis convaincu que la majorité des Israéliens et des Palestiniens préféreraient se tourner vers l’avenir, plutôt que de rester prisonniers du passé. Nous voyons cet esprit animer le père israélien dont le fils a été tué par le Hamas et qui a aidé à fonder une organisation réunissant des Israéliens et des Palestiniens qui avaient perdu des êtres chers. Le père avait déclaré : « Je me suis rendu compte, peu à peu, que le seul espoir de progrès, c’était de reconnaître le vrai visage du conflit. » Nous le voyons dans les actions d’un Palestinien qui a perdu trois filles sous les obus israéliens à Gaza : « J’ai le droit d’être en colère, disait-il. Tant de gens s’attendaient à ce que je haïsse. Je leur réponds que je ne haïrai pas. Notre espoir doit résider, a-t-il dit, dans un lendemain. »

Tel est le choix qui devra être fait – non pas simplement dans le conflit israélo-palestinien, mais dans toute la région : un choix entre la haine et l’espoir ; entre les chaînes du passé et la promesse de l’avenir. C’est un choix qui appartient aux dirigeants et aux peuples, et c’est un choix qui définira l’avenir d’une région qui a été à la fois le berceau de la civilisation et un creuset de conflit. »

 

Source: « the white house », repris par « Organisation de la presse africaine » le 20/05/2011

Laisser un commentaire