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Nakba, témoignage d'une membre GP sur place

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Vendredi 13 mai, matin: je préviens mon ami Oday de Jérusalem que je suis de retour en Palestine. Le plan est de se voir le soir à Ramallah.

Vendredi après-midi: il me prévient de faire attention en passant le checkpoint de Qalandyia car il y a des échauffourées à l’approche des célébrations de la Nakba. Je passe sans problème, mais il me prévient que son cousin a été blessé.

Vendredi soir : Oday ne vient pas à Ramallah car son cousin est dans un état critique.

Vendredi à minuit : il me dit que la famille a été prévenue par le docteur qu’il n’y a plus d’espoir.

Samedi matin : je lui demande où en est la situation. Sms de réponse : « He is dead Celine he is dead ».

Ce jeune Palestinien avait 17 ans et avait été surpris en train de pénétrer dans une colonie juive dans Jérusalem Est. Un crime visiblement passible de mort… Haaretz, journal israélien de gauche, publie rapidement la nouvelle avec une photo choquante à l’appui : le jeune est arrêté et entouré de soldats israéliens, menotté, tiré, le visage terrorisé. Quelques heures plus tard la photo sera remplacée par une imagine montrant des Palestiniens jetant des pierres, le visage couvert. Il est sans doute plus réconfortant pour les lecteurs israéliens d’imaginer la victime comme un méchant terroriste plutôt que comme un gamin effrayé, victime du Tsahal. Il est plus rassurant de ne pas penser a ce destin anéanti, ni a la famille effondrée.

Nakba - Leonie Evers

La Nakba est un fait de chaque jour en Palestine. Pourtant, pour ce 63eme  anniversaire de la création de l’Etat d’Israël, les esprits sont mitigés. Certains refugiés se sont présentés aux frontières et une poignée d’entre eux a réussi à rentrer dans le pays. A Ramallah, un cas  particulier est sur toutes les lèvres : « the returner ». Ce jeune Syrien d’origine palestinienne est parvenu à rentrer secrètement en Israël, et a pu atteindre la ville d’où vient sa famille, Jaffa, afin de retrouver ses grands-parents.

« He is dead Celine he is dead »

D’autres regrettent le peu de mobilisation. Mais beaucoup de personnes avec lesquelles j’ai discutées préfèrent se focaliser sur la réconciliation Fatah-Hamas, et sur la déclaration unilatérale de l’Etat palestinien en septembre prochain, même si tout le monde s’accorde sur l’aspect symbolique de la chose plus que sur l’aspect pratique. On ne sait pas ce qu’il en sera des frontières, des colonies ni de Jérusalem par exemple, mais au moins il y aurait une base pour revendiquer. La population espère qu’ainsi va commencer un nouveau processus de reconnaissance et de souveraineté, pour qu’un jour la Nakba fasse partie de l’Histoire et plus du quotidien.

– Céline

One Response to "Nakba, témoignage d'une membre GP sur place"

  1. zackasan Posté le 18 mai 2011 à 11 h 30 min

    Merci pour le témoignage Céline.

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