News

Résistance

Ce qui est sûr, c'est que les actions spectaculaires de résistance qui s'étaient multipliées tout au long de l'année dernière ont été beaucoup moins nombreuses :

  • le 12 décembre, un palestinien de 45 ans, Jamal Abd al-Majid Ghayatha, a été blessé par balle après avoir jeté de l'acide sur une famille de colons israéliens. Il a ensuite été emprisonné.

  • le 25, près de Qalqilya, deux colons (un père et sa jeune fille) ont été blessé-e-s par un cocktail molotov jeté sur leur voiture près de la colonie de Maale Shomeron. Les forces d'occupation ont arrêté trois jours plus tard deux jeunes palestiniens pour cette action.

  • le 26 à Jérusalem, un palestinien a poignardé deux flics israéliens avant de réussir à s'échapper. Vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=XV5vC0f24BU

  • le 2 janvier, un cocktail molotov a été jeté sur une maison de colon à Ras al-Amoud, un quartier de Jérusalem. Personne n'a été arrêté malgré une opération massive des forces israéliennes dans le quartier. La même chose s'est produite le 7 janvier à Silwan, dans la maison Ovadia, occupée par des colons.

  • le 8 janvier, un colon israélien a été poignardé et légèrement blessé près de la porte de Damas, dans la vieille ville de Jérusalem. Aucune arrestation.

La diminution des actions violentes n'empêche pas la résistance quotidienne de continuer, notamment dans les manifestations hebdomadaire, regroupant des milliers de palestinien-ne-s chaque mois, mais aussi dans la résistance quotidienne aux incursions des forces d'occupation.

A titre d'exemple, 10 000 personnes ont participé à l'enterrement d'un jeune du camp de Qalandia, Mahmoud Adwan, abattu le 16 décembre pendant un raid de l'armée israélienne dans le camp. Des centaines de jeunes sont ensuite allé affronté l'armée au checkpoint, plus de 30 ont été blessé-e-s. Photo du cortège ici : http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=747736

En photo, on peut aussi voir la manifestation du 19 décembre en l'honneur de Ziad Abu Ein, ministre palestinien mort le 10 décembre dans une manifestation : http://972mag.com/photos-army-fires-tear-gas-rubber-bullets-at-commemoration-march-for-pa-minister/100284/ . Pendant les funérailles du ministre, le 11 décembre à al-Bireh, des affrontements avaient aussi eu lieu pendant plusieurs heures.

Le 12, c'est à Hébron que des milliers de jeunes palestiniens ont affronté l'armée israélienne qui essayait d'interrompre un festival organisé par le Hamas local.

Le 04 janvier, c'est une (petite) victoire juridique qui a été remportée après des années de résistance populaire : la cour suprême israélienne a interrompu la construction du Mur au niveau du village de Battir, au Sud de Bethléhem, sur la base de l'intérêt archéologique du village, reconnu Patrimoine Mondial par l'UNESCO en 2014. A priori, cette décision devrait repousser de plusieurs années la construction du Mur dans cette partie de Bethléhem, le temps pour l'armée de relancer les procédures de construction avec un nouveau tracé.

Pour finir, en vidéo, la résistance quotidienne d'un ancien d'Hébron empêchant l'arrestation de deux enfants palestiniens par les soldats : http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/video-hebron-elder-fights-back-israeli-soldiers-seize-10-year-old-boys

Histoire de checkpoint

Chaque jour, des dizaine de milliers d'habitant-e-s de Cisjordanie (environ 40000) doivent passer par des checkpoints surpeuplés pendant plusieurs heures pour aller travailler en Palestine 48. Ces checkpoints sont gérés par des compagnies israéliennes privées payées par le gouvernement israélien pour gérer le flux, ajoutant à l'occupation l'arbitraire d'une entreprise essayant par tous les moyens d'augmenter sa marge dans le bilan comptable de l'année.

Des centaines de palestinien-ne-s meurent ou sont blessé-e-s dans la foule à ces checkpoints chaque année, comme Ahmad Samih Bdeir, mort le 31 décembre au point de passage d'al-Tayba, écrasé dans un mouvement de foule alors que 15 000 palestinien-ne-s attendaient depuis plusieurs heure pour passer de l'autre côté.

Dans ce checkpoint d'al-Tayba, l'organisation d'une grève collective du passage le 21 avait permis d'obtenir une amélioration de la situation pendant quelques jours, les délais d'attente avaient été raccourcis, et les gardiens avaient été obligé-e-s d'accorder un peu de respect aux palestinien-ne-s qui passaient chaque jour. Il a fallu dix jours pour que la vengeance arrive.

Gaza

Contrairement aux promesses israéliennes, le siège de la bande de Gaza ne s'est pas relâché. Quelques camions de béton sont entrés et quelques camions de produits venant de Gaza ont pu sortir pour la Cisjordanie, mais en quantité tout aussi limitée qu'avant le massacre de l'été et la trêve conclue avec la résistance palestinienne. Le cessez-le-feu négocié à ce moment a été rompu presque chaque jour par l’État sioniste. Des dizaine de palestinien-ne-s (pécheurs, agriculteurs, …) ont été blessé-e-s par des tirs de l'armée israélienne pendant le mois. Le 19, l'armée a ouvert le feu sur une manifestation organisée près du mur d'enceinte pour protester contre un bombardement israélien plus tôt dans la journée : six blessé-e-s.

De son côté, l’Égypte a fermé de manière presque hermétique sa frontière avec Gaza. Le point de passage de Rafah n'a été ouvert que quelques heures pendant tout le mois de décembre, et le gouvernement égyptien a annoncé officiellement, que pour mettre fin aux « infiltrations terroristes » dans le Sinaï, la ville de Rafah serait complètement vidée, détruite et reconstruite à plusieurs kilomètres de la bande de Gaza, afin d'isoler complètement Gaza du territoire égyptien. La frontière immédiate avec la bande deviendrait une zone militaire interdite complètement vide d'habitant-e-s. En tout, 75 000 personnes vont être évacuées.

Malgré une visite du gouvernement « d'union nationale » à Gaza en décembre, les fonctionnaires de l'Autorité Palestinienne de la bande ne sont toujours pas payé-e-s depuis des mois. Le Hamas maintient que Mahmoud Abbas sabote le travail du gouvernement d'union nationale, qui ne gouverne toujours pas réellement Gaza.

Palestine 48

Dans un contexte où le débat sur « l'identité nationale » israélienne fait rage et où la droite israélienne souhaite retirer à l'arabe son statut de langue officielle, le parlement israélien vient de décider de passer à 3,25 % le pourcentage de voix nécessaires pour qu'un parti soit représenté au parlement israélien. Concrètement, ce changement pourrait faire passer le nombre de député-e-s palestinien-ne-s au parlement de 11 à 0, si une alliance globale des partis palestiniens ne se créé pas, aucun n'étant assez fort tout seul pour obtenir un siège, alors que moins de 50 % des palestinien-ne-s de 48 ne votent plus aux élections.

Symbole, le festival de film sur la Nakba et le Retour organisé par l'association israélienne Zochrot a été menacé d'interdiction, et le gouvernement a retiré au cinéma associatif de Tel-Aviv qui a accueilli le festival toute subvention publique pour l'année.

Répression

Pendant ce temps, la répression quotidienne des forces d'occupation continue : tirs sur une manifestation à Bethléhem le 19 décembre, destruction de maisons « illégales » à Jérusalem le 30, destruction d'une fabrique de lait en zone C en Cisjordanie le jour de Noël, arrestation d'un jeune d'Hébron le 21 décembre durant des affrontements, … Difficile de faire la liste complète.

C'est parfois l'Autorité Palestinienne qui a effectué la répression, comme dans le camp de Faraa, entre Naplouse et Jénine, où les flics de l'AP ont blessé grièvement un jeune palestinien pendant un raid pour arrêter des « fugitifs ».

Les colons ont aussi continué leur travail de terreur, envahissant le tombeau de Joseph (Sud de Naplouse) le 23 décembre à plus d'un millier, tirant sur deux jeunes palestiniens le 4 décembre près de Ramallah, où écrasant un palestinien de 55 ans, Mohammed Khalil Hamamdeh le 5 ou un enfant de 10 ans le 31 à Tuqu, au Sud de Bethléhem.

En Palestine 48, le climat de peur est aussi présent : la centaine de conducteurs palestiniens de bus Egged, la compagnie israélienne de transport, viennent de décider de démissionner, parce « que nous préférons gagner moins que rentrer chez nous dans un cercueil ».

Le combat continue

Répression, résistance, répression, résistance. Après une année 2014 particulièrement douloureuse, l'apartheid continue en Palestine, parce que les palestinien-ne-s sont toujours là, parce que les palestinien-ne-s résistent.

A voir pour ce mois, une jolie adaptation par des acteurs britanniques théâtrale d'une nouvelle de Kafanani, grand écrivain et résistant palestinien. Ça s'appelle Qarar Mujaz (« une brève conclusion ») : https://www.youtube.com/watch?v=oBcJSZyQxKw

(sources al-Ray, Twitter, Maan, al-Akhbar, Electronic Intifada, al-Monitor, al-Safir, Haaretz, 972 Mag)

le mois de décembre en photos sur EI : http://electronicintifada.net/content/month-pictures-december-2014/14162

Des nouvelles de la lutte en Palestine – Décembre 2014/Janvier 2015

Catégories : News

Résistance

Ce qui est sûr, c’est que les actions spectaculaires de résistance qui s’étaient multipliées tout au long de l’année dernière ont été beaucoup moins nombreuses :

  • le 12 décembre, un palestinien de 45 ans, Jamal Abd al-Majid Ghayatha, a été blessé par balle après avoir jeté de l’acide sur une famille de colons israéliens. Il a ensuite été emprisonné.

  • le 25, près de Qalqilya, deux colons (un père et sa jeune fille) ont été blessé-e-s par un cocktail molotov jeté sur leur voiture près de la colonie de Maale Shomeron. Les forces d’occupation ont arrêté trois jours plus tard deux jeunes palestiniens pour cette action.

  • le 26 à Jérusalem, un palestinien a poignardé deux flics israéliens avant de réussir à s’échapper. Vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=XV5vC0f24BU

  • le 2 janvier, un cocktail molotov a été jeté sur une maison de colon à Ras al-Amoud, un quartier de Jérusalem. Personne n’a été arrêté malgré une opération massive des forces israéliennes dans le quartier. La même chose s’est produite le 7 janvier à Silwan, dans la maison Ovadia, occupée par des colons.

  • le 8 janvier, un colon israélien a été poignardé et légèrement blessé près de la porte de Damas, dans la vieille ville de Jérusalem. Aucune arrestation.

La diminution des actions violentes n’empêche pas la résistance quotidienne de continuer, notamment dans les manifestations hebdomadaire, regroupant des milliers de palestinien-ne-s chaque mois, mais aussi dans la résistance quotidienne aux incursions des forces d’occupation.

A titre d’exemple, 10 000 personnes ont participé à l’enterrement d’un jeune du camp de Qalandia, Mahmoud Adwan, abattu le 16 décembre pendant un raid de l’armée israélienne dans le camp. Des centaines de jeunes sont ensuite allé affronté l’armée au checkpoint, plus de 30 ont été blessé-e-s. Photo du cortège ici : http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=747736

En photo, on peut aussi voir la manifestation du 19 décembre en l’honneur de Ziad Abu Ein, ministre palestinien mort le 10 décembre dans une manifestation : http://972mag.com/photos-army-fires-tear-gas-rubber-bullets-at-commemoration-march-for-pa-minister/100284/ . Pendant les funérailles du ministre, le 11 décembre à al-Bireh, des affrontements avaient aussi eu lieu pendant plusieurs heures.

Le 12, c’est à Hébron que des milliers de jeunes palestiniens ont affronté l’armée israélienne qui essayait d’interrompre un festival organisé par le Hamas local.

Le 04 janvier, c’est une (petite) victoire juridique qui a été remportée après des années de résistance populaire : la cour suprême israélienne a interrompu la construction du Mur au niveau du village de Battir, au Sud de Bethléhem, sur la base de l’intérêt archéologique du village, reconnu Patrimoine Mondial par l’UNESCO en 2014. A priori, cette décision devrait repousser de plusieurs années la construction du Mur dans cette partie de Bethléhem, le temps pour l’armée de relancer les procédures de construction avec un nouveau tracé.

Pour finir, en vidéo, la résistance quotidienne d’un ancien d’Hébron empêchant l’arrestation de deux enfants palestiniens par les soldats : http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/video-hebron-elder-fights-back-israeli-soldiers-seize-10-year-old-boys

Histoire de checkpoint

Chaque jour, des dizaine de milliers d’habitant-e-s de Cisjordanie (environ 40000) doivent passer par des checkpoints surpeuplés pendant plusieurs heures pour aller travailler en Palestine 48. Ces checkpoints sont gérés par des compagnies israéliennes privées payées par le gouvernement israélien pour gérer le flux, ajoutant à l’occupation l’arbitraire d’une entreprise essayant par tous les moyens d’augmenter sa marge dans le bilan comptable de l’année.

Des centaines de palestinien-ne-s meurent ou sont blessé-e-s dans la foule à ces checkpoints chaque année, comme Ahmad Samih Bdeir, mort le 31 décembre au point de passage d’al-Tayba, écrasé dans un mouvement de foule alors que 15 000 palestinien-ne-s attendaient depuis plusieurs heure pour passer de l’autre côté.

Dans ce checkpoint d’al-Tayba, l’organisation d’une grève collective du passage le 21 avait permis d’obtenir une amélioration de la situation pendant quelques jours, les délais d’attente avaient été raccourcis, et les gardiens avaient été obligé-e-s d’accorder un peu de respect aux palestinien-ne-s qui passaient chaque jour. Il a fallu dix jours pour que la vengeance arrive.

Gaza

Contrairement aux promesses israéliennes, le siège de la bande de Gaza ne s’est pas relâché. Quelques camions de béton sont entrés et quelques camions de produits venant de Gaza ont pu sortir pour la Cisjordanie, mais en quantité tout aussi limitée qu’avant le massacre de l’été et la trêve conclue avec la résistance palestinienne. Le cessez-le-feu négocié à ce moment a été rompu presque chaque jour par l’État sioniste. Des dizaine de palestinien-ne-s (pécheurs, agriculteurs, …) ont été blessé-e-s par des tirs de l’armée israélienne pendant le mois. Le 19, l’armée a ouvert le feu sur une manifestation organisée près du mur d’enceinte pour protester contre un bombardement israélien plus tôt dans la journée : six blessé-e-s.

De son côté, l’Égypte a fermé de manière presque hermétique sa frontière avec Gaza. Le point de passage de Rafah n’a été ouvert que quelques heures pendant tout le mois de décembre, et le gouvernement égyptien a annoncé officiellement, que pour mettre fin aux « infiltrations terroristes » dans le Sinaï, la ville de Rafah serait complètement vidée, détruite et reconstruite à plusieurs kilomètres de la bande de Gaza, afin d’isoler complètement Gaza du territoire égyptien. La frontière immédiate avec la bande deviendrait une zone militaire interdite complètement vide d’habitant-e-s. En tout, 75 000 personnes vont être évacuées.

Malgré une visite du gouvernement « d’union nationale » à Gaza en décembre, les fonctionnaires de l’Autorité Palestinienne de la bande ne sont toujours pas payé-e-s depuis des mois. Le Hamas maintient que Mahmoud Abbas sabote le travail du gouvernement d’union nationale, qui ne gouverne toujours pas réellement Gaza.

Palestine 48

Dans un contexte où le débat sur « l’identité nationale » israélienne fait rage et où la droite israélienne souhaite retirer à l’arabe son statut de langue officielle, le parlement israélien vient de décider de passer à 3,25 % le pourcentage de voix nécessaires pour qu’un parti soit représenté au parlement israélien. Concrètement, ce changement pourrait faire passer le nombre de député-e-s palestinien-ne-s au parlement de 11 à 0, si une alliance globale des partis palestiniens ne se créé pas, aucun n’étant assez fort tout seul pour obtenir un siège, alors que moins de 50 % des palestinien-ne-s de 48 ne votent plus aux élections.

Symbole, le festival de film sur la Nakba et le Retour organisé par l’association israélienne Zochrot a été menacé d’interdiction, et le gouvernement a retiré au cinéma associatif de Tel-Aviv qui a accueilli le festival toute subvention publique pour l’année.

Répression

Pendant ce temps, la répression quotidienne des forces d’occupation continue : tirs sur une manifestation à Bethléhem le 19 décembre, destruction de maisons « illégales » à Jérusalem le 30, destruction d’une fabrique de lait en zone C en Cisjordanie le jour de Noël, arrestation d’un jeune d’Hébron le 21 décembre durant des affrontements, … Difficile de faire la liste complète.

C’est parfois l’Autorité Palestinienne qui a effectué la répression, comme dans le camp de Faraa, entre Naplouse et Jénine, où les flics de l’AP ont blessé grièvement un jeune palestinien pendant un raid pour arrêter des « fugitifs ».

Les colons ont aussi continué leur travail de terreur, envahissant le tombeau de Joseph (Sud de Naplouse) le 23 décembre à plus d’un millier, tirant sur deux jeunes palestiniens le 4 décembre près de Ramallah, où écrasant un palestinien de 55 ans, Mohammed Khalil Hamamdeh le 5 ou un enfant de 10 ans le 31 à Tuqu, au Sud de Bethléhem.

En Palestine 48, le climat de peur est aussi présent : la centaine de conducteurs palestiniens de bus Egged, la compagnie israélienne de transport, viennent de décider de démissionner, parce « que nous préférons gagner moins que rentrer chez nous dans un cercueil ».

Le combat continue

Répression, résistance, répression, résistance. Après une année 2014 particulièrement douloureuse, l’apartheid continue en Palestine, parce que les palestinien-ne-s sont toujours là, parce que les palestinien-ne-s résistent.

A voir pour ce mois, une jolie adaptation par des acteurs britanniques théâtrale d’une nouvelle de Kafanani, grand écrivain et résistant palestinien. Ça s’appelle Qarar Mujaz (« une brève conclusion ») : https://www.youtube.com/watch?v=oBcJSZyQxKw

(sources al-Ray, Twitter, Maan, al-Akhbar, Electronic Intifada, al-Monitor, al-Safir, Haaretz, 972 Mag)

le mois de décembre en photos sur EI : http://electronicintifada.net/content/month-pictures-december-2014/14162

Laisser un commentaire