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Des nouvelles de la lutte en Palestine – Novembre 2014

Catégories : News

Actions de résistance

Régulières depuis quelques mois, les actions de résistance contre les colons israéliens continuent :

    • un colon israélien à été poignardé avec un tournevis à Jérusalem le 16 novembre
      même chose le 24 novembre dans la Vieille Ville de Jérusalem (une personne arrêtée)
      le 1er décembre, c’est dans la colonie de Gush Etzion (près de Bethléhem) qu’une femme de 22 ans a poignardé un colon ; l’armée israélienne a tiré, elle a été arrêtée à son arrivée à l’hôpital
      le même jour, un bus israélien a été attaqué, sans qu’on sache avec quoi au carrefour de Shilo (centre de la Cisjordanie
      le 4 décembre, deux colons de Ma’ale Adumim (près du triangle Jérusalem – Ramallah – Bethléhem) ont été poignardés par un palestinien de 16 ans ; l’adolescent est à l’hôpital après avoir reçu plusieurs balles tirées par un colon armé
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    En parallèle, les manifestations du vendredi (rassemblant de 200 à 600 personnes en fonction des endroits) continuent dans toute la Cisjordanie (Nabi Saleh, Hébron, Qalandia, ‘Aida, Jalazon, …), avec en particulier une journée de rage en défense d’al-Aqsa le 21 novembre, pendant laquelle des postes militaires israéliens le long du mur ont été attaqués à Hébron, Qalandia et Bethléhem. Comme d’habitude, les forces d’occupation ont répondu avec lacrymos, balles et « skunk » (canon à eau toxique, puante et gluante).

    Pendant un des raids quotidiens de l’armée israélienne à Bilin, des militant-e-s ont réussi à piéger un jeep israélienne dans un fossé, obligeant des effectifs de l’armée israélienne à se mobiliser pour récupérer le véhicule coincé (à voir : http://maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=740495).

    Répression israélienne

    Au total, sur le mois de novembre, 650 palestinien-ne-s ont été arrêté-e-s et 9 abattu-e-s par les forces de sécurité israéliennes, dans un climat de répression particulièrement fort depuis le mois de juin.

    La répression a frappé particulièrement à Jérusalem sous formes de punitions collectives : le 19, la maison (à Silwan) de la famille d’un palestinien ayant tué deux israéliens avec sa voiture à Tel Aviv le 22 octobre dernier a été rasée complètement. La même chose est déjà annoncée par le ministère de l’Intérieur pour les maisons des familles des deux membres du FPLP ayant tué cinq colons dans une synagogue le 18 novembre. Immédiatement après l’attaque du 18, les forces d’occupation ont arrêté 12 membres de la famille des deux martyrs et ont mis le quartier dont ils venaient sous couvre-feu.

    De la même manière, l’armée israélienne est rentrée le 4 décembre à al-Ezarriya (quartier de Jérusalem situé du côté Cisjordanie du mur) pour arrêter les trois frères du martyr ayant poignardé deux colons à Ma’ale Adumim plus tôt dans la journée.

    Vague de racisme

    Depuis le début de l’année, le climat devient de plus en plus raciste en Israël. Des attaques quotidiennes de bandes sur des palestinien-ne-s ont lieu : le 22 dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 24 à Jérusalem-Ouest et al-Tur, le 25 à Shu’afat, … Le 26, une palestinienne de 22 ans, Nour Hassan Naim Salim a été écrasée par un bus israélien près de Jénine, et un palestinien de 20 ans, Alaa Kayid Salim a été grièvement blessée en même temps. Au-delà de cette liste, les agressions de bandes racistes sont devenues quasi-quotidiennes, avec des appels à « faire payer » aux palestiniens les actions de résistance.

    L’exemple vient d’en haut : après les nombreuses manifestations contre l’exécution de Kheir Hamdan, un jeune du village de Kafr Kana (près de Nazareth) par un policier israélien, Netanyahou a déclaré que ceux qui manifestaient avaient leur place à Gaza, et que ceux qui « souhaitaient la destruction de l’État d’Israël » se verraient retirer leur citoyenneté.

    L’arme de la citoyenneté est d’ailleurs déjà ouvertement utilisée, puisque la veuve d’un des deux martyrs ayant commis l’attaque du 18 novembre, Nadia Abou-Jamal, a perdu sa carte de résidente de Jérusalem, et va donc être expulsée, probablement à Gaza.

    Le symbole d’Haneen Zoabi est particulièrement parlant : cette députée arabe (parti Balad) a été expulsée du parlement israélien, après un vote (68 pour et 16 contre) des parlementaires. N’étant maintenant plus députée, elle fait face à un procès pour « incitation à la rébellion », et ses ex-collègues du parlement travaillent à une loi permettant de la priver de la citoyenneté israélien, ce qui permettrait son expulsion.

    Lois d’exception

    Plus globalement, les lois se multiplient pour durcir de plus en plus le régime d’apartheid : Netanyahou a proposé une modification de la constitution israélienne pour sacraliser le « caractère juif » de l’État d’Israël, une nouvelle loi présentée au Parlement vise à interdire le drapeau palestinien sur le territoire israélien (il avait déjà été interdit de 1967 à 1993) sous peine de prison. Le parlement israélien propose aussi de retirer la citoyenneté à tou-te-s les « terroristes et complices de terroristes », ainsi qu’à leur famille.

    Il s’agit essentiellement d’officialiser des pratiques qui sont déjà quotidiennes : de nombreux palestinien-ne-s ont déjà eu à payer des amendes pour avoir affiché le drapeau en public, les expulsions de « terroristes » ont déjà eu lieu, … Maintenant, il s’agit pour les députés israéliens d’en faire la nouvelle norme. Ces lois introduisent aussi des possibilités nouvelles, comme la possibilité pour l’armée israélienne de confisquer les corps des shahids et de les enterrer à un endroit secret, sans possibilité pour la famille de jamais savoir où se trouve le corps ; ou encore, la possibilité de fermer tout magasin imprimant des textes « soutenant les terroristes palestiniens ».

    Petit à petit, la frontière entre le régime imposé aux habitant-e-s de la Cisjordanie et de Gaza et celui imposé aux palestinien-ne-s de 48 se rétrécit.

    Gaza

    Après avoir ouvert pendant quelques heures le checkpoint de Rafah pour permettre aux palestinien-ne-s coincé-e-s en Egypte de rentrer, le gouvernement égyptien a annoncé que le checkpoint resterait fermé « jusqu’à nouvel ordre ».

    Les négociations sont encore en cours pour le plan de reconstruction de Gaza sponsorisé par l’ONU, mais ses caractéristiques sont déjà catastrophiques, puisqu’il imposerait à toute personne voulant en bénéficier de s’enregistrer auprès des autorités, avec une possibilité de véto israélien pour chaque construction, de la plus petite maison au plus grand hôpital, pour des « raisons de sécurité ».

    Par ailleurs, le plan établirait un quasi monopole israélien sur les matériaux de construction, et donc sur les profits : 70 % de l’argent investi par les donneurs dans la reconstruction de Gaza irait directement dans la poche de compagnies israéliennes, avec un complicité de plusieurs compagnies palestiniennes proches de l’Autorité Palestinienne. Toutes les petites compagnies palestiniennes sont exclues du plan tel qu’il est à l’heure actuel.

    La société civile de Gaza a déjà annoncé qu’elle refusait ce plan en l’état. Les factions de la résistance palestiniennes ont surtout pour le moment concentré leurs critiques sur leur refus de voir des caméras installées pour surveiller la reconstruction, ce qui est pour l’instant prévu.

    Un très bon article d’al-Akbar résume les manipulations politico-financières autour de ce plan de reconstruction : http://english.al-akhbar.com/node/22627 .

    Par ailleurs, pour la première fois depuis le cessez-le-feu d’août, des chars israéliens ont ouvert le feu à l’intérieur de Gaza, le 28 novembre, à Khan Younis, dans le Sud de la bande de Gaza. Le 26, un palestinien, Fadil Muhammed Halawah a été tué par des soldats israéliens près de Jabaliyya. C’est le premier tué par l’armée israélienne depuis août ; jusqu’ici, les pêcheurs gazaouis attaqués par la marine israélienne à plusieurs reprises ont toujours réussi à s’en sortir.

    Nazareth, Jérusalem, Gaza, … la résistance continue face à l’apartheid, du Jourdain à la Méditerranée !

    Pour finir, une formidable vidéo à partir d’un poème de Mahmoud Darwich, Le joueur de dés :

    The Dice Player (A visual poem) لاعب النرد from Nissmah Roshdy on Vimeo.

    (sources Twitter, MaanNews, al-Akhbar, Electronic Intifada, al-Monitor, al-Safir, Haaretz, 972 Mag)

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