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Sur le chemin du retour et de la libération

Catégories : News,Opinion

De l’Etincelle à l’Aurore.

50 ans de lutte armée du peuple palestinien. 

De la « grande révolte » de 1936 à nos jours, le peuple palestiniens à affronté le colonialisme sioniste, souvent les armes à la main.

Dans la nuit du 31 décembre 1964 au 1er janvier 1965, le Fatah mène sa 1ère opération armée : al-intilaqa (l’étincelle). La résistance palestinienne nait en exil, préfigure le retour d’un peuple sur sa terre. Elle annonce l’unification par la lutte vers un objectif de libération nationale. Elle forcera la communauté international à traiter cette injustice non plus comme humanitaire mais comme politique.

En 87 et 2000 éclatent les intifada (soulèvements). Avec l’éloignement des fedayin loin des frontières d’Israël, la résistance se relocalise sur la terre palestinienne.

En 2008 et 2012, la résistance dans la bande de Gaza inscrit l’unité du peuple palestinien dans la lutte contre l’occupant. En 2012 elle en utilise des roquettes fajr (aurore) pour frapper les colons.

Quand Netanyahu déclare récemment « nous continuerons à construire à Jérusalem et dans tous les endroits qui figurent sur la carte des intérêts stratégiques d’Israël », la résistance palestinienne peut lui répondre : « nous continuerons à frapper les intérêts stratégiques d’Israël. ».

Le vote de reconnaissance de la Palestine comme Etat non-membre à l’Onnu a été présenté comme un revers pour Israël voir comme une victoire palestinienne. Le vote à montré l’isolement d’israël, mais cet isolement est-il le résultat de d’une stratégie diplomatique ou de la résistance acharnée des Palestiniens ? Les votes positifs européens sont-ils un signe de positionnement en faveur de la réalisation des droits des Palestiniens ou un contre-coup appeuré face à la résistance palestinienne contre laquelle il faut relancer l’illusion des négociations ? Entre Gaza et l’Onu, le mouvement de solidarité semble avoir oublié le premier évènement et ces acteurs principaux, les groupes armés et le peuple palestinens dans son ensemble.

La résistance à des Palesiniens trouvera-t-elle comme seul débouché un vote sans conséquences à l’Onu ? Ce projet sera-t-il le seul que les solidaire de la cause palestinienne seront capable de concevoir et de soutenir ? Face à ce frein mis aux dynamiques de résitance, le mouvement de solidarit peut aussi prendre à charge de diffuser les positionnements palestiniens qui présentent d’autres perspectives. Il s’agit ici de légitimer ce que le vote à l’Onu à étouffer, la résistance sous toutes ces formes de toutes les composantes du peuple palestinien (politique et géogaphique).

Dans cette perspective, est reproduit ici le communiqué du PYM-France (Palestinien Youth Mouvement) écrit aprés l’agression israélienne sur la bande de Gaza en 2012.

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Sur le chemin du retour et de la libération

Au peuple de la liberté, enfants de la nation arabe sur notre terre et dans l’exil, au peuple de la résistance en Palestine et dans les camps de réfugiés !

La bataille héroïque à Gaza a montré que notre peuple et ses forces sont unis derrière ceux qui portent les armes, unis dans la lutte glorieuse, et certainement pas derrière ceux qui participent aux dialogues de sourds autour des tables de négociation. La résistance et ses roquettes arborent toutes les couleurs politiques et idéologiques. Et tous nos combattants, quelles que soient leurs appartenances politiques, ont montré que l’unité se forge sur le champ de bataille dans la confrontation à l’occupation.

Cette bataille a aussi démontré que nous ne reviendrons pas à Safad comme touristes [1], mais comme pèlerins fidèle sur le chemin du peuple résistant et du sang de nos martyrs.

Le saut qualitatif de la bataille de Gaza et la mobilisation immédiate de notre peuple en Cisjordanie et dans les camps de réfugiés exigent de nous tous que nous nous alignions derrière les choix qui mènent à la réalisation de nos objectifs patriotiques : la fin du régime colonial et le retour de la Palestine à son peuple. La résistance de notre peuple aujourd’hui confirme que le projet de libération est, dans la conscience collective des nôtres, le projet le plus réaliste et le plus crédible. La résistance de notre peuple et de nos combattants signe l’arrêt de mort de tous les projets politiques autres que celui de la libération de toute la Palestine et garantir le retour de tous les réfugiés à leurs terres. Il n’y a plus de place aujourd’hui pour le chemin désastreux des accords de Camp David à ceux de Madrid en passant par Oslo et les « initiatives de paix ». Ils se sont soldés par la capitulation des dirigeants arabes désireux de satisfaire leurs maîtres.

Ces élites aux discours suspects doivent comprendre aujourd’hui que le présent les a dépassées ainsi que leurs projets grotesques qui se résument à demander grâce à  l’occupant. Ils doivent enfin prendre conscience que la résistance de notre peuple, en élevant au plus haut le niveau de nos exigences, les a dépassés à jamais. Cette « Aurore [2] » annonce l’heure de la libération et du retour. Il incombe à chacun d’élever son discours au niveau exigé par les sacrifices scellés par le sang et les fusils dans les batailles héroïques.

C’est la plus grande réalisation de la bataille de Gaza : un nouveau projet national dont la lutte armée est l’outil, la libération et le retour en étant la finalité. Dans un tel projet, il n’y a pas de place pour ceux qui n’existent que par la grâce de l’occupant. Avec les développements importants et complexes qu’a traversé dernièrement le monde arabe, beaucoup de parties hostiles à la liberté et la dignité de notre peuple ont essayé de réduire ses luttes à des conflits bornés à l’identité, la croyance, la religion ou l’orientation idéologique. Ces parties n’avaient d’objectif que de créer la division pour détourner les masses de leur projet de libération qui assurément passe parla Palestine. Par conséquent, la bataille de Gaza redirige la boussole vers notre principal ennemi. Notre libération n’est pas possible si nous nous abandonnons entre les mains de gouvernements qui s’empressent à négocier notre sang, des gouvernements compromis avec les forces coloniales, et qui veulent transformer nos frères en ennemis.

Nous, Arabes et Palestiniens, devons désavouer tous les gouvernements, tous les régimes, quiconque prétendra parler en notre nom, et dont le discours n’est pas marqué du sceau de la lutte contre l’occupation et sa marraine américaine. Nous ne voulons ni de leurs communiqués qui « condamnent fermement » ou de leurs millions en « solidarité humanitaire avec les victimes », de leurs déclarations vides de sens ou de leurs réunions pour implorer les Américains et les sionistes.

Ce que nous voulons, c’est une stratégie unifiée de résistance pour affronter le projet colonial en Palestine et dans la région.

Dans ce cadre, nous affirmons :

  • · L’unité en Palestine ne se fera qu’autour d’un projet clair et irréversible de résistance face à l’occupation. Aucun autre projet politique n’est valable. Un projet qui a pour visée la libération de toute la Palestine et le retour de tous les réfugiés dans leur foyer d’origine. Il est du devoir de notre peuple de faire pression sur toutes les factions politiques pour imposer ce projet de libération et de résistance.
  • · Le fait de s’adresser à l’ONU pour demander un Etat « sur les frontières internationalement reconnues» est rendu caduc par les faits sur le terrain. Les dirigeants politiques doivent dépasser ce cadre absurde. Il faut guérir cette stérilité politique et corriger ce qu’Oslo a produit de corruption et de désastres.
  • · A toutes les forces populaires : unissez-vous derrière les armes des résistants en Palestine ! La réconciliation nationale ne se fera que sur cette base ! Abattez les vestiges d’Oslo et opposez-vous à ceux qui tiennent le discours de la reddition et de la passivité.
  • · Aux peuples et forces révolutionnaires  arabes : affrontez les appels à la division, ne tombez pas dans les conflits locaux. Les forces qui ont soutenu et soutiennent Israël, sont celles qui ont soutenu les régimes dictatoriaux de l’humiliation et de la honte sous toutes ses formes. Il est de notre intérêt à tous de s’unir pour se libérer du colonialisme et de ses produits, en commençant par la Palestine, pour finir avec tous les protectorats américains et les bases militaires coloniales sur notre terre.
  • · Nous demandons aux gouvernements arabes qui se préoccupent de la volonté de leur peuple, de rompre sans peur avec le programme de la reddition et du rabaissement, de cesser de s’adresser en permanence aux États-Unis et leurs alliés. Votre légitimité ne repose que sur votre engagement en faveur du peuple et de la résistance, certainement pas sur le système de dépendance piloté depuis les ambassades des colons. Votre engagement dans la cause ne peut se réduire à une visite symbolique à Gaza. Il doit être traduit par le soutien matériel à la résistance, sur le plan politique et surtout militaire.

PYM France. 25 novembre 2012.

 

1 : Mahmoud Abbas a déclaré dans une interview à une télévision sioniste qu’il souhaitait pouvoir « visiter Safad », sa ville de naissance, et non y retourner.

2 :Aurore, en arabe, se dit « Fajr » : c’est aussi le nom des missiles iraniens assemblés et utilisés parla résistance palestinienne à Gaza contre les colons sionistes.

 

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