News

Retrouvez ici nos nos dernières analyses, communiqués et opinions

Des négociations, encore et toujours des négociations…

Catégories : Opinion

Depuis l’échec des Accords d’Oslo, Israël et ses alliés ne jurent que par les négociations. Celles-ci seraient la seule solution pour la mise en place d’un processus de paix dans la région. Ainsi, Netanyahu a récemment déclaré à la presse que « une recherche sérieuse de la paix ne peut intervenir que par la négociation (…) entre Israël et les Palestiniens, pas à travers le diktat de l’ONU ». Certes, l’ONU a prouvé sa défaillance à résoudre le « conflit » (elle est même l’une des personnes en partie responsable de l’occupation de la Palestine). Il est également vrai que chaque partie concernée doit avoir son mot à dire. Néanmoins, est-il juste d’affirmer que le retour aux négociations est la seule solution ?

Les pourparlers menés jusqu’en septembre 2010 ont pour parties un Etat et une entité, les Palestiniens étant privés d’Etat depuis 1948. Pour être le plus juste possible, une négociation doit se faire entre des personnes, si ce n’est égales, ayant chacune un poids non négligeable afin d’être en mesure d’exiger quelque chose et de peser dans la balance.Il n’y a en effet aucune négociation possible (ni souhaitable d’ailleurs) entre une victime et son bourreau, entre l’occupant et l’occupé, ou encore entre l’oppresseur et l’opprimé. Du moins, une telle discussion ne mènerait à rien de bon, et certainement pas à une paix juste et durable au Proche-Orient, dans le cas présent.

Malgré tout, Obama a réitéré, mardi 17 mai, la nécessité de reprendre les pourparlers. Rappelons que les propos du « prix nobel de la paix » interviennent deux jours après la répréssion sanglante israélienne contre des Palestiniens comémorant le jour de la Nakba. La sincérité de ces prêcheurs états-uniens peut certainement être remise en cause dans la mesure où ce sont ces mêmes « semeurs de paix » qui, en date du 18 février 2010, ont émis un véto au projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU visant à condamner la colonisation israélienne. La colonisation est certes un crime. Mais de toute évidence, ça n’est pas un crime suffisamment grave pour qu’il puisse, une nouvelle fois, être condamné par l’ONU. Malgré tout, l’Administration Obama prétend vouloir poursuivre la reprise des négociations à tel point que désormais, l’important semble plus le fait de s’assoir autour d’une table et de discuter, que le fait de mettre réellement un terme aux violations incessantes faites aux droits humains. Ceci a pu être constaté à plusieurs reprises, puisque durant les pourparlers, la colonisation na jamais cessé.

Israël colonise, occupe, expulse et continue ses attaques répétées à l’encontre de milliers de Palestiniens qui restent dignes malgré tout. Alors que la construction du mur de la honte (jugé illégal par un avis consultatif de la Cour Internationale de Justice en 2004) se poursuit, l’apartheid israélien est également une réalité actuelle : des routes réservées aux colons, des checkpoints empêchant la libre circulation des Palestiniens sur leur propre terre, vol d’eau, punitions collectives, emprisonnements arbitraires, etc. Tout ceci, en comptant sur l’appui d’entreprises étrangères, des gouvernements occidentaux et l’inertie des dictatures arabes aujourd’hui en danger.

Ne soyons pas dupes : ces négociations ne sont qu’une tentative de plus d’imposer une « paix » injuste et illégitime : une « paix » permettant les violations répétées et impunies du droit international. Une « paix » qui, au nom de la « sécurité » d’Israël, autorise la pratique d’un terrorisme d’Etat depuis plus de 63 ans.

One Response to "Des négociations, encore et toujours des négociations…"

  1. Gengis Posté le 23 mai 2011 à 1 h 06 min

    Autre façon de voir les choses :
    Chaque acteur essaie (historiquement) d’imposer aux autres une voie de négociations qui l’avantage :

    Israël : négociations bilatérales israélo-palestiniennes, où la puissance d’Israël sur le terrain le place en position
    de force face au mouvement palestinien désuni, à la compétence et à l’intégrité douteuses (dixit Edward Said) et incapable de s’opposer militairement ou socio-économiquement aux Israéliens (mais alors attention à l’intifada et aux attentats).

    OLP/Palestiniens/Arabes : négociations sous égide de l’ONU, où il y a plus de pays pro-palestiniens que pro-israéliens (comme l’a montrée la résolution de 1975 sur le sionisme), qui donc annuleraient la plus grande partie de de l’avantage d’Israël, et où la Palestine bénéficierait d’une Assemblée Générale acquise à sa cause, voire antisioniste (mais alors attention à la radicalisation de la société israélienne, qui se fait toujours très rapidement et dure longtemps).

    Etats-Unis : négociations tripartites sous égide américaine pour à la fois promouvoir la stabilité régionale (surtout en ce moment) et réaffirmer le leadership (c’est de bonne guerre). Cette méthode a montré ses possibilités (Camp David 1978) et ses limites (pseudos-Accords d’Oslo en 1993). Attention aux rodomontades dd’indépendance israéliennes (Netanyahou fait mine de trouver la tutelle US trop lourde parce qu’il en a moins besoin…jusqu’à ce que la situation se dégrade en Syrie et Egypte) et au discrédit qui frapperait toute partie arabe bénéficiaire de cette voie (elle passerait pour le valet d’Obama).

    Conclusion : Il est encore plus dur de trouver une solution négociée qu’il n’y paraît. Ceci dit, nous connaissons tous l’alternative, nous connaissons son coût et ses (maigres) résultats.

Laisser un commentaire